mardi 3 novembre 2009
100 ans tout rond
jeudi 22 octobre 2009
riens
dimanche 4 octobre 2009
mercredi 30 septembre 2009
L'oeil de la poule
Le cinéma doit montrer des choses nouvelles, qu'on ne verrait pas autrement. Tenez, dans ce film tout à l'heure, une poule qui apparaît dans le cadre, avec son gros oeil...
La caméra c'est pas une certitude, c'est un doute ...
On trouve ces extraits ici.
L'audience nuit à l'art
Mais combien de gens apprécient cela ? Les spectateurs sont habitués à une grammaire, à un langage, et dès qu'on leur montre autre chose, ils refusent. C'est triste mais c'est ainsi.
(Entrevue de Steven Soderbergh, 30 sept, Rue89).
J'ai beaucoup de respect et d'admiration pour la recherche chez Godard. Au risque de déplaire, d'ennuyer et d'irriter, son art est avant tout une recherche perpétuelle, qui, dans le même geste, repousse indéfiniment l'objet de la recherche et casse à chaque fois son outil.
Dans Prénom Carmen, il apparaît pour dire: "Quand le soleil a disparu, faut chercher, mon vieux, faut chercher". J'aime chez lui le conflit tragique entre un scepticisme essentiel et les vestiges d'une foi.
J'aime son arrogance et son air buté, qui met la pensée avant les sensibilités.
J'aime sa désillusion radicale: le cinéma on ne l'a jamais utilisé. On lui a plaqué un texte à dire et un langage pour le dire avant même de le faire parler .
On nous donne des moyens techniques, mais on nous a dépouillé de nos moyens intellectuels.
samedi 8 août 2009
L'empereur un peu blogueur
lundi 6 juillet 2009
RF
C'est confondant de bêtise, un journaliste.
jeudi 2 juillet 2009
Le blogueur malade
Quand survient le sujet dont tout le monde parle, le blogueur, sentant que les flots du trafic passent à côté de son nombril, éprouve le besoin irrépressible de se refaire centre de tout. L’événement doit repasser par son moi haïssable. Nous pardonnons au blogueur ce réflexe, car nous sommes tous haïssables pour des raisons similaires, mais à des degrés divers.
Donc, survient l’événement dont tout le monde parle. Trois réactions, trois degrés de maladie :
1. Le blogueur n’écrit rien. Pour lui, le pronostic de rémission est bon. Il sait vivre décentré, il a un bon rapport aux autres, il peut comprendre que l’autre vive sans menacer sa propre existence, il a une décente maîtrise de ses pulsions, et surtout il a une confiance suffisante dans ses capacités à séduire par ses qualités propres.
2. Le blogueur écrit sur le sujet. Il n’a pu résister : il n’a rien à dire, mais il le dit avec aplomb. Dans la vaste curée narcissique, il lui faut son petit morceau. Je ne suis rien, mais ce rien c’est moi, et c’est ça qui est important. Pronostic de rémission pessimiste, mais tout espoir n’est pas perdu. Une prise de conscience de son rapport à soi et aux autres pourrait lui ouvrir les yeux sur sa condition.
3. Le blogueur écrit qu’il n’écrira pas sur le sujet. Ici, le pronostic est franchement désespéré. Son petit message sibyllin signifie : ce silence olympien dans lequel je me drape, pour me démarquer du bruit du vulgaire, est lourd de tout ce que j’aurais à dire d’intelligent sur le sujet. Je me tais avec dignité, mais il faut absolument que tout le monde sache que je me tais. Je sais combien il serait ridicule que je parlasse, et combien cela me ramènerait au niveau de la tourbe populaire, mais de grâce, songez à quel point la sensation de mon silence est en soi signifiante, et ce qu’elle dénote de la hauteur de mes vues. Ce type est très malade ; en outre, au-delà de sa pathologie, on peut être sûr qu’il n’y a pas de pensée au-delà de ce qu’il écrit. Ce qui est vraiment, vraiment très grave.
Hegel et les vaches
vendredi 26 juin 2009
Inappartenance
C'est un beau sentiment, qu'il est sain d'éprouver de temps à autre, et que je partage en ladite occasion.
jeudi 25 juin 2009
Le petit blogueur
Il regarde les adresses IP, il veut deviner fébrilement qui vient le lire, qui le critique, qui l’aime, il édicte des règles ridicules pour son petite univers, il bannit, il va commenter pour attirer les autres chez lui, il n’arrive pas à se retenir de laisser sa petite crotte sur le sujet chaud du moment, même s’il n’a rien à dire, il sait quels mots-clefs lui attireront du trafic, il se cite compulsivement, il fait des billets pour répéter ce qu’il a dit ailleurs, il a des croisades dérisoires contre des ennemis dérisoires, il fait des alliances, il s’inscrit dans les sites de « référence », il rêve de monter dans les classements, il compare avec délectation le sien avec ceux de ses ennemis ou concurrents, il rêve de trophées, de tribune, d’un vaste système cosmique dont il serait le point pivotal. Il ne pense pas, il aborde des sujets. Il ne lit plus de livres, il lit des billets ; la quête du savoir ne part pas de lui, mais du réseau de rss qui piétinent un cerveau passif. Il défend de grandes causes, mais il a renoncé à acquérir les outils pour penser. Faute de savoir se retirer de la frénésie de communication autotélique, il ne se cultive plus, il n’apprend plus, il n’approfondit rien au-delà de l’écume des choses, il ne connaît plus rien sinon l’image de lui-même qu’il rêve de disséminer universellement. Tel est le bon blogueur : toujours là, fidèle, mais gris, une sorte de nœud routier qui ne mène à nulle part, et se délabre.
mercredi 17 juin 2009
la beauté du révolté
Je me suis parfois distraite avec certains exemplaires de la vaste race de ceux qui ont capitulé. Je ne pouvais me retenir, après peu de temps, de les mépriser et de leur faire payer leur petitesse. D'ailleurs, ils ne comprenaient même pas, à quoi bon s'en faire ?
jeudi 4 juin 2009
Débat des élections européennes
Il faut reconnaître qu'il y a d'excellents débatteurs sur le plateau. Je les classe dans l'ordre suivant:
1. Besancenot: clair, tranchant, concis, avec toujours des exemples nets qui soulèvent l'indignation. Il arrive à être à la fois extrême et convaincant. Parfaite éthique du débat: il n'interromp jamais, mais lorsqu'il parle, son temps de parole est d'une efficacité redoutable.
2. Cohn-Bendit: sympa, bonhomme, enflammé, rigolard et pragmatique. C'est, selon moi, le meilleur pour dessiner des synergies opératoires. Une vraie vision.
3. Mélanchon: je l'ai connu plus acide; à la fois habile débateur et capable d'être très concret. Il arrive à exister très habilement, alors qu'il représente très peu en terme électoral. Excellent lorsqu'il bougonne ou qu'il agresse la journaliste.
4. Bayrou: porte des coups bas, assez indignes. Sa posture inspirée fonctionne sporadiquement, mais ne convient pas à ce type de débat. Il est entre le juge et le prédicant, ou même parfois dans la théorie du complot. Son positionnement politique est brouillé, car il veut profiter à la fois de la rhétorique de l'opposition et défendre l'Europe qu'il a construite.
5. Le Pen: elle n'est pas mauvaise, mais ses indignations sentent la recette trop souvent utilisée. Il y a quelque chose de mécanique qui lui nuit, et surtout le fait qu'elle est entourée de sacrés mauvais garçons qui la déplument dans la course à l'outrance.
6. Aubry: trop rigide, monocorde, un côté idéologue officiel qui passe mal. Sauvée par sa réponse sur la Turquie.
7.. Bertrand: trop rond, trop mou, trop faux. Il faut cependant reconnaître qu'il est seul contre tous les autres, et qu'il encaisse bien. Mais être seul est aussi un avantage dont il n'a pas profité. Hausser les épaules ne remplace pas un argument bien ciselé.
8. De Villiers. Emprunté, effacé, désservi par sa voix. Indignation ridicule; comme le dit Daniel: "Il est vieux, De Villiers". Le souffre-douleur de la classe.
La journalise, Arlette Chabot: vraiment nulle. Elle avait l'air d'une vieille peau d'institutrice chahutée.
Je me suis quand même bien amusée.
Destins brisés
Le journaliste aurait dû écrire: "les destins accomplis", ou quelque chose du genre, la mort étant le point d'aboutissement d'une destinée.
Cela révèle une chose, c'est qu'on a détourné le sens originel du mot "destin", pour le faire équivaloir à une forme d'idéal. Ce qui a été brisé, c'est le rêve d'une vie idéale, ou, peut-être pire, le déroulement d'une vie selon une forme de logique, correspondant à un parcours social convenu. Qu'importe, le fait est que nous n'acceptons plus que l'imprévu fasse partie de notre vie, ou que notre vie dépende de forces extérieures à notre volonté (notre "arbitre", comme on disait).
C'est une grande illusion, de celles qui explosent parfois en plein vol.
vendredi 29 mai 2009
Les radins
La palme d'or du plus grand grippe-sous que je n'aie jamais rencontré dans ma vie revient à un type de Montréal, dont les stratégies pour ne pas payer étaient aussi élaborées que transparentes. Je le regardais faire avec fascination, et je développais des stratégies pour constater jusqu'à quel point il pouvait pousser le bouchon. Il s'était invité chez moi plusieurs fois sans jamais rien offrir, venant renifler au-dessus de mes casseroles quand je faisais à manger pour quêter une pitance. Un jour, pris d'un semblant de mauvaise conscience, ou alors informé du fait qu'il faut parfois offrir en retour si l'on veut que la générosité d'autrui ne s'assèche pas, il décida de me faire à manger. Or, il manquait d'ingrédients. Pour le tester, je me suis offerte pour aller faire l'épicerie, j'ai ramené les légumes, la viande (c'est-à-dire l'essentiel du repas), et j'ai tout posé sur la table. Il a cuisiné son plat, sans jamais me rembourser. Il m'a donc invité à un souper que je payais moi-même ! Il y a mille anecdotes avec ce type, qui ne pourra jamais être mon ami, mais que j'observe avec un oeil d'anthropologue. Récemment, il s'est marié, et je suis allée à son mariage, pour rigoler, et en me délectant de n'offrir rien. J'ai refusé de contribuer à la bouffe que quelques amis voulaient lui offrir le lendemain.
Hier, un autre "ami", que je crois aussi radin, m'a invitée au spectacle Cavalia, connaissant mon amour des chevaux. J'ai compris qu'il avait pris les places les plus chères. J'ai donc fait bonne figure, pour qu'il soit heureux de sa soirée, bien que le spectacle m'ait légèrement ennuyée. Je ne suis pas très adepte des mythologies scéniques, engluées dans des éclairages et des musiques lourdes, je trouve cela excessivement démagogique, et un rien insultant envers le niveau intellectuel des spectateurs. J'ai d'abord essayé de comprendre son accès de générosité, et puis j'ai préféré accepter sans arrière-pensées son cadeau, la générosité consitant aussi, parfois, à savoir recevoir sans réfléchir.
samedi 9 mai 2009
Valeur sûre
On devrait pouvoir pouvoir acheter du con à la bourse, la matière première ne ferait jamais défaut, et on serait à l'abri de toute crise.
vendredi 10 avril 2009
Le plaisir
- Le plaisir est au bout de l'effort.
Voyons donc !
mardi 24 mars 2009
Le chas de l'aiguille
Heureusement, il y a la télévision pour faire oublier.
mardi 17 mars 2009
La onzième plaie
J'ai lu, par devoir, tous les mots de cette thèse ennuyeuse, poussive, sans le moindre intérêt, et qui ne conclut rien. Mal pensée, mal structurée, dans un style empêtré par une volonté de briller qui devient insupportable après le premier paragraphe. Tout est redondant, approximatif, et surtout, surtout, fichtrement narcissique. L'auteur s'aime tellement quand il croit penser que ses topoi de modestie deviennent des hurlements impudiques d'auto-jouissance intellectuelle. Tu t'aimes tellement, coco, que tu ne vas chercher que ta propre pensée dans celle de ceux que tu analyses. Tu lacères ainsi ceux que tu crois aimer. Et surtout tu as fait de ma longue et pénible lecture une expérience de la haine, qui s'est accrue patiemment ligne après ligne. Ta logorrhée se résume ainsi à une thèse forte, incontestable, concrète : je te hais, pleinement, définitivement. Tu as pendant des heures parasité mon esprit, empoisonné mon coeur, usé mes nerfs, tu m'as menée à bout, tu m'as forcée à marcher sur ta voie sans issue, à écouter ton chant criard, et éprouver tes passions repoussantes, à deviner tes maladies et tes obsessions derrière tes pensées fixes. Tu parlais de philo, de théo, de littérature et de sciences, et tu exposais en même temps, inconsciemment mais indécemment, ton propre rapport déviant à ton père. Et c'est bien la dernière chose que je voulais savoir.
Demain tu viendras écouter mes commentaires, j'aurai à peine dormi, et je sais que tu voudrais quêter de la reconnaissance, de l'admiration, de l'amour, je ne sais quoi encore. Comment pourrai-je seulement masquer ma haine ? Une haine d'autant plus forte que je me hais moi-même de devoir m'exposer à cette vanité, et de n'avoir pas osé t'envoyer cette merde à la gueule et te disant de retourner à tes baguettes et à tes disciplines en laissant la pensée libre à d'autres.
lundi 9 mars 2009
Bonne fête
Allez les blogueuses et blogueurs, j'attends de lire vos papiers sur le sujet.
samedi 7 mars 2009
Une définition du roman
Je ne me souviens pas avoir lu une telle caractérisation, mais je l'aime bien.
PPDA, toujours
La télévision : des ignorants qui nous prennent pour des cons.
lundi 2 mars 2009
Que demander au diable ?
Eh bien, il apparaît qu'on recherche beaucoup moins le pouvoir, l'argent ou l'amour que le savoir!
Certains demandent même au diable de faire d'eux de bons médecins, juristes, théologiens ou philosophes !
Aujourd'hui que demanderait-on au diable ? Sex, celebrity, money.
Le désir de savoir est ce qui fait le plus défaut, alors que les moyens de savoir n'ont jamais été autant à notre portée.
(Source: Le Diable en procès, éd. Martine Ostorero et Etienne Anheim, Médiévales 44, Printemps 2003)
dimanche 1 mars 2009
Scéances de cinéma aléatoire
J'aime beaucoup cette idée.
samedi 28 février 2009
Je n'aime pas mon blogue
Je le trouve sec, étique, manquant de chair et de grâce, de sentiment. Souvent mal écrit, pas écrit, écrit trop vite, et le thème est à chier; je ne le relis pas. Il a quelque chose de judiciaire, répondant plus à des nécessités théoriques qu’à des envies. Il est moins enflammé qu’irrité, il dissémine la castigation d’une manière prévisible. Une vision du monde désenchantée contre laquelle l’ultime recours est l’aigreur juvénalienne. La sensibilité lui fait défaut, cette attention au détail vibrant qui humanise mon prochain, serait-il le plus borné sur terre. Il ne s’ouvre pas à mes mélancolies, à mes manques, aux distances insondables qui me séparent d’un bonheur qui se dérobe irrémédiablement, ni aux joies intenses qui sont les éclats bien concrets de cette grande fiction. J’ai voulu y creuser un écart radical, or on aime essentiellement par ce qui nous rapproche. J’y ai déposé un simple accident de mon être, une humeur, un vestige de ma foi en quelque chose. Je ne le désavoue pas pour autant, il est authentique dans sa partialité et fidèle à l’instance qui le produit, même s’il n’émane que d’un pli trop particulier de mon être. Je ne tiens pas à réfléchir outre mesure sur ce petit avorton, ayant déjà dû surmonter une mouvement de dégoût pour écrire le possessif dans le titre "mon blogue".
vendredi 27 février 2009
L'odeur du cul du diable
Pour connaître l’odeur dégagée par les effluves du cul du diable, lisez Nicolas Jacquier, Flagellum haereticorum fascinariorum, paru en 1458.
Quelle utilité, me direz-vous ? Si vous voulez lui rendre hommage, c’est l’endroit que vous devrez embrasser.
jeudi 26 février 2009
QJAA 5 : Sans scrupules
Ce qui serait réjouissant de nos jours c'est que certains banquiers sans scrupules se retrouvassent effectivement sans scrupule.
lundi 23 février 2009
QJAA 4 - métiers oubliés
Le maître des basses oeuvres: celui qui ramasse les cadavres et rase les sorcières.
Télévision
J’ai été invitée à une émission de télévision la semaine dernière, ou il y a deux semaines, par une sorte de faiseur d’opinion dans le domaine des sciences humaines. Ma contemption de la télévision étant ce qu’elle est, c’est-à-dire viscérale et formidable, j’ai décliné par les mots suivants : « Je ne crois pas qu'on puisse parler à la télévision, on y va pour se montrer, ce qui n'est pas ma démarche ». J’ai perdu un billet gratuit Montréal-Paris, mais je me sens plus forte, et légitimée.
QJAA-3 Femme de peu de foi
Eh bien moi, je n'y crois pas.
mardi 17 février 2009
QJAA 2 : le charme de la taciturnité
On appelait cela le « charme de la taciturnité ».
dimanche 15 février 2009
QJAA- chrysocale et modicum
On ne devrait jamais passer un seul jour sans apprendre quelque chose. D’où cette série : Qu’ai-je appris aujourd’hui ? Pour fixer quelques lambeaux aléatoires de savoir, et pousser à l’humilité. Juste une bribe par jour.
Chez Mistral, il y avait deux mots : « chrysocale » et « modicum ». Le premier désigne un alliage imitant l’or, le second viendrait de l’adjectif latin signifiant modique, mais, si je l’ai bien rencontré chez Cicéron et consorts, je n’ai aucun souvenir de l’avoir lu sous la forme d’un substantif français.
mercredi 11 février 2009
Ce besoin de hiérarchie....
Cela devient lassant, et ce n’est pas près d’être fini : les classements de la blogosphère. Le dernier en date visant à établir le classement des 10 personnalités du web québécois a donné lieu au remplissage d’une case télévisuelle vide sur Radio Canada. Je comprends fort bien cette pente naturelle qui fait que toutes les parties prenantes au grand bruit médiatique (télévision, spectateurs, blogueurs, lecteurs de blogues) se fédèrent autour de ce genre de rites d’autocongratulation. Mais ce n’est pas parce que je la comprends que je vais la fermer. Voici ce que j’ai observé dans ce dernier avatar de la chose :
- l’idée vient d’un classement de Forbes sur les personnalités du web américain. Forbes ! Quel beau modèle, n’est-ce pas ? On va se précipiter pour faire à notre tour nos petits Forbes, exalter ces puissants qui nous méprisent, lécher le talon qui nous écrase, reproduire à tous les niveaux cette infecte logique de la hiérarchie de la fortune. Rien que d’y penser, cela me dégoûte. Un bonhomme sensé, Etienne de La Boétie, a écrit un traité sur la « Servitude volontaire », eh bien, on est en plein dedans. La résistance commencerait par le refus de ces logiques oligarchiques, l’abandon des systèmes de thésaurisations au profit de l’échange et de la circulation, la haine de la hiérarchie.
- le succès n’est pas une valeur. Pour un blogue à succès, pour un auteur à succès, pour une chanson à succès, combien de productions meilleures, mûries dans l’obscurité ! Le succès peut au mieux les faire connaître largement, au pire les dénaturer. Je me méfie de tout ce qui est populaire, car la popularité se gagne sur la compromission. Mes deux blogues préférés ne sont presque pas lus, entre 2 et 10 lecteurs réguliers probablement. Je sais que tant qu’ils resteront cachés, ils autoriseront une authenticité maximale, une singularité totale.
- la récompense pourrit la création. Je le vérifie incessamment. On ne travaille plus uniquement pour l’objet de la création, on façonne un objet qui puisse plaire. Le cinéma, croyez-moi, serait meilleur sans les Oscars et sans les recettes publicitaires, les romans sans le Goncourt.
- j’ai lu plusieurs sites de blogueurs dits « influents » sur la question. Certains d’entre eux, comme Martine Pagé, manifestent d’abord une gêne à participer à ce genre de hiérarchisation, pour mieux s’y livrer par la suite. C’est honteux, c’est lâche. On est dedans, ou on est dehors, suffit les faux-semblants. Surtout que, comme elle le reconnaît elle-même, une telle soumission à la logique dominante dans le monde économico-médiatique va à l’encontre des valeurs supposée des nouvelles technologies, censées privilégier les rapports horizontaux aux rapports verticaux. La télévision, elle, à la botte des Forbes, ne sonde jamais, elle écume. Je suis convaincue depuis longtemps que rien ne se produira par la télévision. J’ai ensuite espéré dans le web, mais quand je vois des prétendus pionniers, gourous, influenceurs du web faire cou-couche avec les ventileurs de paillettes du spectacle médiatique traditionnel, je n’y crois plus. Avant-hier, j’ai refusé de participer à une émission de télévision pour ces raisons, c’est mon plaisir à moi, je me sens plus forte que la reconnaissance (j’y reviendrai).
- le classement c’est l’absence de pensée. La preuve, le classement effectué révèle l’absolue vacuité de ses critères de sélection.
- enfin, il est toujours amusant de remarquer à quel point le classement amplifie spectaculairement les psychopathologies du moi. On commence à voir frétiller tous ceux qui sont minés par l’angoisse de la reconnaissance, profiler leur tête triangulaire en glapissant : « coucou, c’est moi, nominez-moi ».
lundi 9 février 2009
1ère béatitude
dimanche 8 février 2009
Clovis
(d'après Jean-François Kahn)
jeudi 5 février 2009
Le journaliste et sa foire
L'un deux:
- on se dispute sur la traduction correcte, certains proposent "j'ai merdé", d'autres "j'ai foiré".
Il ne semblait pas savoir que la différence peut tout au plus résider dans la consistance liquide du second.
Je rassure quand même ce journaliste à la sémantique défaillante: entre la foire commerciale et la diarrhée, il existe des liens analogiques particulièrement évidents.
dimanche 1 février 2009
Culture - brèves
mercredi 28 janvier 2009
Le blogue fade
C’est celui dont on se dit : tout ce que cette personne écrit m’indiffère. On se lasse vite de cette scansion monotone de l’indistinction journalière. On y retourne parfois, pour vérifier que le temps y est toujours aussi gris, ou que le logis pète d’autant de couleurs vives. C’est propre, orné, lisse, c’est quotidien, c’est rien.
samedi 17 janvier 2009
stats pubs fuck
Cette mercantilisation de la communication (je n'ose plus dire "pensée") est répugnante. Si la parole est libre, sa circonscription dans une audience la rend forcément captive. Je ne crois qu'à la pensée qui s'origine dans le mépris profond de son succès. Elle seule est pure, elle seule me séduit.
Il y en a même quelques uns qui passent au stade suivant, la rentabilisation. La présence de publicité. Vous saisissez la laideur de ce mot ? Pour moi, la pub est une source majeure de pollution. Ce racolage indécent qui me considère de façon insultante, comme une acheteuse. Qui tente de me séduire alors que je n’adhère à aucune de ses valeurs, ni à son graphisme grossier, ni à ses slogans vides, ni à ses sourires contrefaits, ni à ses mirages du nouveau, ni à sa logique consumériste que j’exècre par-dessus tout. Il serait temps de remettre les marchands à leur place. Qu’ils vendent oui, mais qu’ils n’empiètent plus, avec tant d’agressivité, de laideur, avec leurs doigts gras et leur haleine chargée, sur mon environnement immédiat.
Je perds toute estime pour le blogueur qui met de la pub sur sa page. Point.
D'ailleurs, il y a une mauvaise odeur qui s'exhale chez certains représentants de cette gauche bien-pensante, qui ne savent plus combattre, encore moins résister, tellement ouverts et tolérants qu'ils ont épousé sans (se) l'avouer tous les credo de cette vaste entreprise d'asservissement capitaliste, et son immonde version "culturelle".
vendredi 2 janvier 2009
On finira nos verres une autre fois
Dans un moment d’errance, je tombe sur une vidéo de Gilles Deleuze parlant de la boisson – de son alcoolisme et de son rapport à la pensée -, sur le blogue de Chantal Guy, qui parle de littérature. Son témoignage est intéressant, même si je crois que Deleuze joue avec la question et répond de façon très ironique. Après tout, l’idée que l’écrivain (le penseur) offre son corps en sacrifice pour une révélation qui le dépasse est un vieux motif de la réflexion sur la création – mais pour être vieux, il n’en perd pas pour autant d’intérêt dans ses multiples métamorphoses.
Ce qui est consternant, c’est la façon dont ce témoignage est recyclé dans le blogue. Comme il est question d’un philosophe important, et que cela va forcément faire peur aux lecteurs (à la masse des lecteurs), il faut tempérer. Alors on met une touche de parler populaire (« boésson »), une touche d’actualité (les excès des fêtes), et on prend bien soin de préciser qu’on s’adresse à la grande confraternité des ignares : « Vous apprendrez aussi un nouveau mot: pénultième ». Je me demande bien à quoi ça sert de refiler du Deleuze à ceux qui ne connaissent pas le mot « pénultième ». Et j’ai un doute : la blogueuse littéraire ignorait-elle le mot ou était-ce simplement de l’arrogance ?
vendredi 19 décembre 2008
jeudi 11 décembre 2008
Mépris
Par coeur
Donc je vais apprendre par coeur, de nouveau, les grands poèmes. Sous ma douche, en voiture, quand je vais me chercher à manger à midi.
Je vais commencer par un Baudelaire (la Nature...), une ode d'Horace (Maecenas atavis), les baisers de Catulle, les erreurs de Pétrarque, un Apollinaire...
Ca va faire du bien !
jeudi 4 décembre 2008
sola sub nocte
Ce soir je me plonge dans une longue nuit solitaire, accompagnée d'un petit feu jusqu'aux premières lueurs matinales.
Malgré l'écrasante fatigue, le mal de tête, je suis bien.
Je sais que demain soir, j'aurai le droit de dormir.
mercredi 3 décembre 2008
mardi 2 décembre 2008
Les journalistes et le sarcophage de la culture
Le journaliste le plus célèbre du lot (PPDA), de se lancer dans un hymne ronflant à la culture: "qu'est-ce qu'il y a de moche à ne pas savoir... à savoir ... qu'il y a une déesse grecque nommée Isis ... ?"
Il y a bien, de ce nom, une déesse égyptienne qui veille sur le sarcophage. Avec nos journalistes, la culture est bien gardée, coffrée, scellée. Pas de risque qu'elle vive.
Allons, Monsieur Poivre, une petite fellation ?
lundi 24 novembre 2008
mort et livres

Je n'ai pas dit mort aux livres. Mais voyez, la mort rôde autour du livre. C'était quand l'imprimerie était une nouvelle technologie. L'odeur de mort traînait dans l'atelier, comme si on sentait que c'était un pouvoir dangereux; il ruinait certaines mainmises sur le savoir. D'ailleurs, combien d'imprimeurs ont été brûlés à l'époque !
Malgré tout, je crois que le livre, comme support technique de la diffusion d'art et d'idées, a un bel avenir encore.
Je crois aussi que le blogue ne représente pas grand chose dans l'histoire des évolutions des moyens techniques d'expression. C'est une petite extension de la capacité à chacun de faire du bruit. Or, la qualité naît de la contrainte et de la restriction.
mardi 18 novembre 2008
salon
lundi 17 novembre 2008
l'informatique indiffère les femmes
vendredi 14 novembre 2008
jeudi 13 novembre 2008
Les demi-savants
- les ignorants
- les demi-savants
- les savants
Pour lui, les savants en viennent souvent à penser la même chose que les ignorants, mais à la suite d'une démarche différente. Montaigne appelait cela l'inscience: le retour à un forme savante de l'ignorance.
Pourquoi pensais-je à cela ? Je ne me souviens plus vraiment. Ah oui, j'entendais un demi-savant éructer son patriotisme. Je déteste le patriotisme, il pollue l'amour que je peux porter à mon pays. Je l'affirme haut et fort: toute personne qui tient un discours patriotique ne peut pas être intelligente.
samedi 1 novembre 2008
Nus !
Bien sûr, les forces de l'ordre voulaient empêcher la course, mais avec la complicité d'une foule bien compacte, un longue file de zizis et de nichons cucurbitacéphales s'est déroulée:
Les gens étaient excités, on se touchait beaucoup dans la foule, et tout le monde riait, même quand ça pelotait - furtivement - votre servante en sait quelque chose.
Les policiers sont pourtant intervenus. Courir nu, quel scandale, quelle indécence ! Ca pourrait offenser les bonnes gens. Offenser qui ? Tous ceux qui étaient là étaient avides de voir, de rire, de jouir. Ces satanées lois ne veulent pas qu'on partage les joies du corps. Le corps, brut, fait peur, on le confine dans l'intime, puis c'est précisément ce corps intime qui intime qui fascine et terrorise. Vive la fête, qui le libère, le légitimise, lui donne un vrai sens, le sens de la révolte nécessaire contre l'étroitesse d'esprit, celle qui vient du mal originel de nos société: l'institution.
Bref, au total, j'en suis rentrée un peu plus bakthinienne: il y a quelque chose de sain dans la culture vraiment populaire.
Avec une petite tristesse cependant: le peuple se meut rarement de lui-même. A un moment donné, devant les flics qui notifiaent aux malheureux le fait qu'ils seraient accusés d'être des "sexual offenders" (c'est un comble !), un type a grimpé sur une colonne pour haranguer la foule et un autre a crié: "let's all get naked". Nous n'avons pas osé, je le regrette. C'aurait été émouvant.
(Merci à mon ami S* pour les vidéos et son cri du coeur dans l'une d'elle)
vendredi 31 octobre 2008
courir nu
jeudi 23 octobre 2008
Montaigne
jeudi 16 octobre 2008
p. 400
mercredi 15 octobre 2008
p. 9
J'oubliais
page 8
lundi 13 octobre 2008
Plein de vide
Gros danger dans la maison
mercredi 8 octobre 2008
Précis de mauvaise littérature
La démarche est simple: un manuel littéraire qui traite d'une littérature "sans estomac", gonflée par un système médiatique et ses petits soldats journaleux incultes.
Je ne l'ai pas lu, mais je trouve la démarche saine.
Il y deux types principaux de création: celle qui n'est pas orientée par le désir d'être consommée, et qui travaille l'art lui-même. C'est Beckett, c'est Giacometti, des créateurs discrets, en retrait, dont l'atelier est un monde et leur personne une victime sacrifiée sur l'autel de forces prométhéennes qui les annihilent.
Et il y a les chasseurs de couvertures, de devantures, de flashes et des droits d'auteurs, qui ne créent rien, mais resucent. Ils dépensent leur énergie à se fondre dans les attentes d'un système médiatique, qui n'aime que le facile et le pré-mâché, de tout façon.
mardi 7 octobre 2008
La censure est une faiblesse
vendredi 3 octobre 2008
A-t-on le droit de ne pas regretter ?
Vous "payez votre dette" à "la société".
Vous sortez.
Mais on vous interdit de parler de votre "crime".
Vous faites penser que vous ne regrettez pas d'avoir commis vos "crimes".
Pour lesquels vous avez "payé".
Conclusion: nous n'avons pas le droit de ne pas regretter. Ou du moins de l'exprimer.
Est-ce juste ?
mardi 30 septembre 2008
Le programme de l'e-conne
Dans la lignée de cette pâle e-connerie, voici, avec toute la précision requise, mon programme de la journée:
Me lever à l'heure où je dois me lever; petit-déjeuner d'un petit-déjeuner qui me convient; m'habiller d'habits qui me vont bien; me maquiller d'une couleur de maquillage qui me sied; partir au travail à l'heure où il me faut partir; travailler les sujets qu'il est prévu de travailler; déjeuner d'un met consigné dans le menu; abattre la tâche qu'il faut abattre dans la journée; me soulager aux moments où mon corps requiert de me soulager; le soir, me divertir d'un divertissement qui me divertit; m'endormir au moment où mon corps sombre dans le sommeil.
Voilà, je me sens prête pour la vice-présidence.
lundi 29 septembre 2008
Flux de bourses
vendredi 26 septembre 2008
Palin, l'e-conne
C'est le monde d'aujourd'hui: défaite du logos devant l'icône.
jeudi 25 septembre 2008
Nique et pine
Je n’aime pas ce jeu pour plusieurs raisons :
- c’est puéril (péché véniel)
- ça a pour effet principal de renforcer l’infecte logique du flux (voir plus bas)
- c’est viral, c’est exponentiel, ça répond à une volonté néfaste d’expansion, mais non l’expansion d’un savoir qui se construirait, se développerait, se hiérarchiserait, mais seulement l’expansion du même. Encore de la moutonnerie.
- c’est basé sur le pavanement du moi. Le premier qui lance le mécanisme est mégalomane. Pour son plaisir narcissique, il contamine ses amis, sans s’interroger sur le déplaisir qu’il peut entraîner aux divers niveaux d’expansion de ce satané mécanisme, tant il est certain que son lien inepte touchera le blogueur comme la grâce divine le pécheur. Le destinataire est souvent complice d’ailleurs, il est flatté, le con.
- mais c’est sur surtout une contrainte. Je déteste qu’on me dise quoi écrire, à quoi penser, qu’on me fasse participer de force aux bêlements du troupeau. Merde ! J’ai remonté la tag des photos de bureau, j’ai constaté que beaucoup de blogueurs infectés sont gênés, incommodés, se plient à contre gré à l’exercice, contraints par l’amitié qui les lient au dernier passeur de la vérole virtuelle. Si mes brèves recherches sont exactes, le grand coupable, dans la tag des bureaux, est Dominic Arpin. Je soulève volontiers ma jupe pour l’ami qui me trouble en plongeant ses yeux dans les miens, mais je refuse de me faire dominiquer par procuration ou de me faire arpiner à mon insu.
- les tags sont ineptes. Les sujets sont inoffensifs, ils font ronronner la bien-pensance. Comme par hasard, il n’y a jamais de tag du genre : « quels arguments moraux trouvez-vous pour justifier le fait que, sachant que votre abonnement au câble pourrait sortir de la misère trois enfants de Calcutta, vous continuiez de vous abonner ? ». Ce serait le moment de se rendre compte que ces conneries à grande échelle nous endorment, et que cet endormissement profite à quelques uns.
Enfin, je ne me fais pas d’illusion, il y aura toujours un Ego suffisamment indécent (pléonasme) pour vouloir laisser sa petite goutte universellement. « En un mot le moi a deux qualités ; il est injuste en soi, en ce qu'il se fait le centre de tout ; il est incommode aux autres, en ce qu'il les veut asservir ; car chaque moi est l'ennemi, et voudrait être le tyran de tous les autres. »
jeudi 11 septembre 2008
Heureux les pauvres d'esprit...
L'anthropomorphisme a de beaux jours devant lui.
mardi 2 septembre 2008
Le jour des moutons
Blog day. Je l’ai laissé passer, fichtre. Mon problème, c’est qu’il y en a un seul que j’aime. Les blogues sont toujours décevants sur la longueur. Et en fait, j’en lis un plus grand nombre par détestation que par amour.
Ceci dit, ce jour des blogues est une connerie, et je ne félicite pas le troupeau des suiveurs qui se croient obligés d’obéir à la grande logique du flux qui est à l’origine de cette « idée ». Franchement, ces tags, ces jours, ces galas, vous ne trouvez pas en vous de quoi y résister ? La moutonnerie, ça ne vous dégoûte pas ? Vous avez tous les jours de l’année pour parler de vos découvertes, pourquoi vous soumettre à une initiative qui vient d’on ne sait où et qui a très probablement pour but ultime de stimuler la consommation – ou plutôt le trafic - car il rapporte toujours quelque chose à quelqu’un.
Comme le dit Aristote, cité par Rabelais : le mouton est le plus sot et inepte animal du monde.
lundi 25 août 2008
C'est la rentrée
J'hésite parfois entre deux explications: faute d'avoir pu saisir l'occasion de la vraie recherche, ils se recroquevillent sur une pédagogie qui les aigrit. Mais ceux-ci, souvent, ne tiennent pas de blogue. Dommage, ils pourraient être caustiques. Ou alors, faute d'avoir les capacités de faire de la vraie recherche, ils s'épanouissent dans cet entre-deux de la connaissance qu'est la pédagogie. Ils jouissent de leur statut, un petit empire bien circonscrit, comme leur vie. Ceux-ci tendent à bloguer.
vendredi 15 août 2008
Petite faim
mercredi 6 août 2008
A vendre: veste de voyou, trop grande pour moi
Ce gars est un phénomène intéressant, par la cour qu’il s’est bâtie. Essentiellement, pour les lectrices les plus assidues, une petite fascination pour son côté mauvais garçon à sauver de lui-même malgré lui-même, et selon cette recette connue que le critique les plus virulent attire souvent celles et ceux qui rêvent d’une reconnaissance d’autant plus forte. Il est pathétique de voir ces personnes rabrouées qui viennent encore essuyer le talon qui les écrase. C’est leur vie après tout. Je n’ai jamais compris les flatteurs, cela témoigne d’une estime de soi qui peine à s’approcher de zéro (par le bas). Je ne comprends pas plus ceux qui aiment être flattés, cela révèle une fragilité narcissique assez grande. Il faut le dire bien haut : la flatterie abaisse autant le flatteur que le flatté. Mais passons. Il arrive à être marrant parfois, ce qui est rare, et un très bon point. Petite tendance à jouer l’adolescent attardé, ce qui personnellement me gêne moins que la prétention. Franchise rafraîchissante, bornée néanmoins par le goût de choquer et un certain conservatisme qui le fait utiliser fréquemment les recettes qui marchent. Très self-centered, probablement à outrance.
Là où je l’ai trouvé vraiment nul, c’est sur ses récits de son voyage de Compostelle. Le bon québécois fait son effort surhumain pour agripper un peu d’altérité culturelle, par l’éloignement géographique et les échos historiques (je dis bien un peu, vu que ce voyage est déjà en soi un gros cliché). Or, il en ressort quelques petits crachats contre les conditions d’hébergements, les nationalités rencontrées et le mal aux pieds, et une ode exaltée à sa maison de banlieue. Tu te dis parfois que l’être humain a tout ce qu’il faut pour s’élever, comme le nain sur les épaules des géants, mais il ne lui manque qu’une chose : la volonté. Alors il trouve autour de lui quelques specimen bien aplatis pour monter dessus et pour voir juste un peu plus haut, quelque part au niveau du soupirail. Et ce spectacle lui suffit. Alors il parle de haut, et fort, sur les veules qui lui servent de paillasson.
Un peu de culture permettrait à des types de ce genre de franchir un palier. Mais pour cela le roitelet doit accepter de n’être plus rien dans un monde sans bornes
mercredi 30 juillet 2008
Gros cerveau commun
La sphère est comparée à un « gros cerveau commun » , quelque chose d’une absurdité terrorisante, mais qui explique bien des choses. Du moment qu’un gros cerveau quelque part pense pour nous, ça soulage, n’est-ce pas ? Pas besoin de lire Platon, Rousseau ou Heidegger, quand on aura besoin d’un digest pas trop lourd de leur pensée, on cliquera sur un lien.
Aveu de faiblesse
Ce doit être l’été, peu de choses m’indignent, à part moi-même. Pourtant, je ne céderai pas à la tentation de raconter ma vie. Je ne m’inquiète pas, il suffit que je recommence à m’intéresser aux autres, la petitesse n’est jamais loin.
mercredi 16 juillet 2008
Les gauchistes et l'ordre
dimanche 13 juillet 2008
Shane est encore vivant
Périodiquement, je me demande si Shane Mc Gowan est encore vivant. Je l’ai connu titubant à un concert il y dix ans, j’en étais ressortie avec plus de pulsions pour Shane que pour mon accompagnateur velléitaire. J’ai une inaltérable admiration et une tendresse infinie pour ceux qui, comme lui, ont trouvé moyen de se rendre radicalement irrécupérable au risque de se détruire, ou plutôt par une autodestruction assumée.
dimanche 6 juillet 2008
La stratégie de la mouche
"Franz de Waal a observé le manège d’un macaque rhésus. Pour susciter le contact, il faisait croire qu’il avait aperçu une mouche sur l’épaule de son rival et il profitait de l’« occasion » pour se rapprocher de lui et le débarrasser de l’insecte. Le contact était à nouveau établi. En général, le rival en question, trop heureux de faire la paix, ne refuse pas ce contact et feint lui aussi de sentir la mouche sur lui !"
(tiré du blog de Marie Muzard, Nous autres les singes, qui regarde la politique à travers le prisme de l'éthologie, les résultats sont très amusants).
vendredi 4 juillet 2008
Blessures d'amour
Il y a un mécanisme subtil à l'oeuvre, je vous l'explique. Pléiade - cas très hypothétique - a été rejetée, elle qui aimait tant. La douleur est intense, l'ego est bafoué, l'estime de soi est à zéro. D'abord elle déprime, puis elle mange du chocolat, puis elle va s'acheter de la lingerie. Cela permet automatiquement de remonter quelques marches. Puis, les forces revenant, elle doit expulser sa colère, son ressentiment. Elle doit absolument trouver quelqu'un pour se sentir à nouveau d'une valeur un peu supérieure à l'excrément canin qu'elle vient de fouler sur la chaussée. Alors, elle s'attaque sans raison aucune, en toute malhonnêteté, à des blogueurs innocents. Dieu bénisse ces blogueurs innocents qui participent à la guérison de la blessure narcissique de Pléiade.
Tout cela pour dire qu'un de ces écrivains attaqués avec méchanceté m'a gentiment répondu et que je lui ai courageusement répondu à mon tour, en commentaire.
mercredi 25 juin 2008
Sept mots cochons
Je me demande bien quels mots sont indicibles aujourd'hui, que l'outrance sexuelle est devenue branchée et une façon facile de plaire. Le sexe - sa représentation dans les arts, les media - est clairement devenu un liant social comme un autre.
Je participais il y a quelques années à un colloque qui se posait précisément cette question: qu'est-ce qui est excessif aujourd'hui, sur scène ? Les intellos et les artistes, tous enfermés dans la petite bulle de leurs intérêts étroits, n'avaient même pas répondu à la question principale qui leur était posée, ce qui m'avait stupéfiée. Un de interdits majeurs consiste probablement, aujourd'hui, dans la transgression du respect des différences. On voit des gens faire l'amour sur scène, mais on n'oserait pas se moquer des handicapés, par exemple.
Bref. Je pense qu'un des mots les plus cochons aujourd'hui est esprit. C'est par l'intelligence qu'une révolte est possible, mais comme on préfère n'être que de petits rebelles, on n'en a pas vraiment besoin.